Ancienne tradition de la NHL, le match de Noël qui restera dans les mémoires à Broadway est celui de la saison 1952-1953. Avec une équipe composée de 14 rookies, dont le gardien futur meilleur débutant de l’année, Gump Worsley, les New York Rangers ont remporté une rare victoire en ce 25 Décembre.
La NHL a bel et bien abandonné cette tradition en 1972, mais aura malgré tout organisé ces rencontres phares pour Noël pendant quelques décennies dans la première moitié du XXe siècle. Et si maintenant c’est bien la NBA qui possède tous les droits le 25 Décembre, il fut un temps où le hockey était roi à cette période toujours spéciale pour le hockey.
Côté NY Rangers on retiendra donc ce déplacement chez les Bruins de Boston le 25/12/1952, au tiers d’une saison catastrophique, affichant 5 malheureuses victoires en 32 rencontres jusque là. Tous jeunes dans l’effectif, Harry Howell, Gump Worsley, ou Andy Bathgate sont en début de carrière. Si ces noms ne vous parlent pas, ils sonnent bien aux douces oreilles des décideurs du Temple de la Renommée, dont ces trois bonhommes font partie.
Cette saison-là, les Blueshirts terminent bons derniers du classement avec un bilan plutôt famélique de 17-37-16, ratant les playoffs pour la 8e fois en 10 ans, malgré une finale perdue deux ans auparavant face aux Red Wings de Détroit, en jouant tous leurs matchs à domicile…à Toronto, faute de place au Madison Square Garden occupé…par le cirque.
En 1952, après un nouvel été en queue de classement, et une avant dernière place dans la ligue, l’équipe entame la saison avec un effectif très jeune, fait pour beaucoup par des rookies dont le gardien Gump Worsley, qui finira la saison avec un Trophée Calder. H. Howell jouait également parmi les premiers matchs de ses 1160 unités sous les couleurs new yorkaises jusqu’en 1969, avec qui il sera 7 fois all-star et remportera un Trophée Norris (devant Bobby Orr). Son maillot fut retiré en 2009 avant de décéder en 2019.
En se déplaçant donc à Boston pour Noël, les new yorkais s’y rendaient avec peu d’ambition, malgré un Wally Hergesheimer qui a culminé à 59 points cette année-là (30 points, et 29 assistances en 70 matchs). A l’époque la ligue possédait quelques noms retentissants comme, entre autres, Gordie Howe, Terry Sawchuk, Ted Lindsay ou Rocket Richard. Boston était à l’aube d’une saison où ils échoueraient (encore) face aux Canadiens de Montréal après une défaite en 7 matchs en demi-finales quelques mois auparavant. Ils perdront cette fois en 5 matchs en finale contre le Tricolore en éliminant les tentaculaires Red Wings de Détroit qui survolaient la ligue, au premier tour. En affichant un bilan de 13-12-7 à l’approche de ce match de Noël face aux NYR, les Bruins ne patinaient pas encore complètement sur tous leurs adversaires, mais l’écart de niveau, d’expérience et d’ambition était somme toute manifeste contre leur victime potentielle du soir.
Pourtant, les Rangers vont surprendre. Après avoir encaissé le premier but par Joe Klukay, les Rangers vont revenir en 2e période par l’intermédiaire de Ed Slowinsky (son 2e de la saison), avant que Paul Ronty n’inscrive sa 10e réalisation sur une assistance de Wally Hergesheimer (sa 19e) et Neil Strain (sa 8e).
Si cette victoire est anecdotique dans une saison peu parlante, cette équipe reverra les playoffs en 1956, pendant trois saisons de suite, mettant un terme à 20 ans assez noires où les Blueshirts ont collectionné les mauvais points. Au milieu de tout ça, apparait donc cette victoire inattendue à Boston, en guise de joli cadeau pour les partisans des pensionnaires du MSG.
