Avec en ligne de mire le 1er août et le match 1 face aux Hurricanes de Caroline, les Rangers ont repris cette semaine le chemin de la glace. Et au delà de se remettre en forme avant les “play-ins”, certains points chauds sont plus scrutés que d’autres. Au programme des questionnements majeurs de cette fin de Juillet, les gardiens, la forme de certains joueurs, et la défense.
Evidemment, la saison des Rangers n’est pas comme les autres, au sein même d’une ligue qui a connu une année inédite dans le hockey moderne. Oui, nous sommes mi Juillet et la saison n’est pas terminée, et là dessus, tout le monde a été logé à la même enseigne.
Pourtant, côté Blueshirts, on a le sentiment que la pause a brisé un élan enfin trouvé, une série de 16 victoires et 6 défaites en cours, ramenant les hommes de David Quinn à quelques encablures d’une qualification pourtant mal embarquée quelques semaines auparavant. Des raisons à cette embellie ? Une cage parfaitement gardée, un effort défensif collectif, et deux étoiles scintillantes en attaque. Du coup, avec la reprise, que peut on attendre de tout ça ?
Quel gardien N°1 ?
Le serpent de mer de la saison. Henrik Lundqvist, titulaire de début de saison, a vu ses deux prétendants tellement fondre sur lui, en terme de performances et de considération, que le King s’est retrouvé, non plus sur le banc, mais carrément en tribunes une bonne partie des dernières semaines pré-Covid.
Si Alex Georgiev était son principal concurrent en Octobre, le suédois a aligné quelques matchs moyens, ce qui a mis le doute dans la tête du staff. Le russo-bulgare en faction depuis l’an dernier, a petit à petit pris du galon, et des minutes à son coéquipier scandinave. Mais la situation s’est empirée pour “Hanke”, lorsque le Tsar, Igor Shestyorkin, a eu sa chance à partir de fin Janvier. 12 matchs et presque autant de victoires, des performances de haut vol, et une dynamique enclenchée qui a dissuadé le staff d’effectuer le moindre changement dans les buts. Résultat, les russes se partagent la cage en NHL, et le cadre Lundqvist se retrouve bloqué en numéro 3, sans pouvoir défendre, ou si peu, son cas sur la glace.
La pause sanitaire débarque, et les décisions rendues envoient les Rangers affronter Carolina au meilleur des 5 matchs. Alors, on reprend là où nous nous sommes arrêtés, ou les cartes sont assez rebattues pour que la hiérarchie change de nouveau? Si Shestyorkin a eu le temps de revenir de sa commotion post accident de voiture, Alex Georgiev est toujours là, tapi dans l’ombre. Oui dans l’ombre, car les lumières sont malgré tout toujours braquées sur Henrik Lundqvist.
Adoré des fans, professionnel exemplaire, le suédois est rentré chez lui pendant le confinement, et a décidé de se refaire mentalement, de travailler quelques points précis, et de repartir à zéro dans la tête pour revenir frais et remonté comme une pendule. Et si la question se pose, c’est bien parce que l’adversaire de ces playins est une équipe dont le profil convient particulièrement au King. Son bilan face aux Canes est excellent, il se pourrait même que jusque là, le numéro 30 soit devenu l’épouvantail des hommes de Rob Brind’amour. Face à eux, cette saison, Lundqvist mène 3-0, avec un taux d’arrêts de 94.7% et un point culminant à 45 parades en Novembre. Bourreau des Canes, Lundqvist affiche également des stats assez intéressantes en playoffs en carrière (92.2% d’arrêts en 128 matchs).
Malheureusement sa saison a été très compliquée, avec 90.5% d’arrêts, Alex Georgiev étant à 91%, alors qu’Igor Shestyorkin avoisinait les 93.2% en 12 rencontres. Pour aller même un peu plus loin dans les statistiques, Georgiev a sauvé +0.12 buts de plus qu’un gardien moyen de la ligue, alors que “Shesty” en a sauvé +9.34, et Lundqvist … -4.16. Dur de rivaliser malgré un échantillon moins important pour Shestyorkin.
David Quinn a donc prévenu, le mini camp “sera important, et celui qui jouera sera celui qui arrêtera les palets“. Cela tombe bien, les trois larrons ont l’air au diapason, et les réactions du coach après le deuxième jour sont claires: “Je crois que Shestyorkin était dans un grand très jour aujourd’hui. Henrik était dans un grand jour, et Georgiev aussi. La bataille continue, pourvu que ça dure“. Pour autant, le dernier arrivé semble tenir la corde. Il représente l’avenir, et possède le momentum. Henrik Lundqvist s’est refait une petite santé, possède l’expérience des séries, et mérite une dernière chance, et Alex Georgiev continue son petit bonhomme de chemin, et n’a pas été transféré alors que l’on le lui prédisait allègrement en début de saison. Qui aura le fin mot de l’histoire ? On le saura dans moins de deux semaines au plus tard.
Kaapo Kakko enfin au niveau ?
Le choix N°2 de la dernière draft n’a pas eu une saison facile. Débarqué tout droit de Finlande, sans connaître personne à tout juste 18 ans, dans un pays et une langue inconnus, dans une ligue au calendrier bien plus exigeant qu’en Europe, tout n’était pas réuni pour qu’il éclabousse la ligue d’entrée de jeu.
Dépassé physiquement, pas assez vif dans les petits espaces, un peu trop lent sur sa pointe de vitesse, malgré quelques éclairs, le finlandais a eu du mal. La pause Covid a pourtant semblé régénérer la bête, et les premiers retours des entraînements de la semaine sont unanimes. Kaapo Kakko semble libéré d’un poids, est plus vif, plus rapide, et met le nez là où d’autres ne mettraient pas la crosse. Il va au duel, notamment dans les bandes, et en sort même gagnant. Alors il faudra confirmer, marquer ou être décisif, mais comme on l’évoquait sur ce site il y a quelques temps, laissons le temps au temps avant de tirer des conclusions hâtives sur le bonhomme.
Le reste de l’attaque
Autres joueurs phares des NYR, Mika Zibanejad, Artemi Panarin et Chris Kreider. Le dernier blessé longue durée juste après sa prolongation de contrat, est en passe de revenir. Sa jambe va mieux, et la rééducation porte ses fruits. Il est convalescent mais sera sur le pont en toute logique.
Les deux autres lascars ont, eux, éclaboussé la ligue. Panarin, nommé parmi les finalistes au Trophée Ted Lindsay, dans l’une de ses meilleures saisons en carrière, et considéré comme un “rayon de soleil” par ses coéquipiers. Et si le joueur a conscience d’avoir essuyé des critiques quand à son choix de signature l’été dernier, son statut de pseudo mercenaire en prend un coup tant il montre de l’implication.
Il est remarquablement aidé par le premier centre de l’équipe, le suédois Mika Zibanejad, feu follet sur le front de l’attaque, et auteur de l’exploit de la saison au Garden, avec un quintuplé face aux Capitals de Washington, offrant même la victoire aux siens en prolongations. 41 buts, 75 points, dans sa meilleure saison en carrière avec 25 matchs de moins que l’année dernière, “Ziba” tient la baraque de manière exceptionnelle cette année. Si ces trois là maintiennent leur niveau standard pendant les playoffs, l’équipe a clairement ses chances pour un run de qualité.
La défense, problème ou solution ?
Entre jeunesse et chantier en perpétuelle reconstruction, la défense des Rangers a vu un de ses récents atouts être échangé dans la saison, en la personne de Brady Skjei. Jacob Trouba, arrivé l’été d’avant, est toujours considéré comme le N°1 mais on lui cherche un partenaire de qualité, et surtout complémentaire. Son association avec son ami Brady Skjei n’a pas été fructueuse, et le mettre avec Adam Fox ou Tony De Angelo semble bien plus alléchant.
La question est du coup: Que fait on des autres ? Marc Staal apparaît au dessus de son niveau de fin de carrière lorsqu’il est associé à Anthony De Angelo, et Adam Fox a trouvé un partenaire de qualité avec Ryan Lindgren. Casser une de ces paires pour essayer en première paire paraît hasardeux, à moins que Libor Hajek, ou K’André Miller viennent compléter l’affaire. Pour le moment c’est le couteau suisse de la bande qui tient le poste, à savoir Brendan Smith, que l’on sait très apprécié par David Quinn pour son dévouement et son état d’esprit, bien loin du joueur vexé qui tapait sur ses coéquipiers en AHL il y a encore 3 ans.
L’autres nouvelle marquante dans ce secteur est le départ du coach défensif Lindy Ruff, appelé à la tête des Devils de New Jersey en tant qu’entraîneur en chef. Assez critiqué sur la toile, l’ex coach des Sabres de Buffalo et Stars de Dallas laisse donc le staff actuel prendre en charge une partie du jeu dont on ne sait toujours pas si elle représentera un atout ou un poids pendant ces séries.
En attendant les autres prochaines recrues comme Tarmo Reunanen, ou Nils Lundkvist, l’effectif actuel a de quoi tenir la baraque si tant est que les meilleures associations soient mises en place.
