Artemi Panarin, l’année de tous les records

Arrivé l’été dernier au terme de quelques semaines de tractations et de rumeurs diverses, Artemi Panarin a signé un contrat de plus de 11.5M sur 7 ans, à peine moins que Connor McDavid aux Oilers ou Auston Matthews à Toronto. Déchaînant quelques commentaires acerbes sur sa propension à choisir l’argent au lieu du sportif, le russe a prouvé cette année qu’il était bien une superstar, battant plusieurs records de performances. Et évidemment, les étoiles brillent beaucoup plus fort dans des endroits spéciaux comme le Madison Square Garden. Retour sur une saison explosive.

32 buts, 63 assistances, 95 points, voilà où s’est arrêté Artemi Panarin après 69 rencontres sous le maillot des NY Rangers. Un but de plus qu’en 2016/17 où il avait marqué le plus avec les Blackhawks de Chicago. Mais avec 74 points et une entente excellente avec Patrick Kane notamment, les Hawks n’avaient pas résisté à l’envie soudaine de le transférer aux Blue Jackets de Columbus avec Tyler Motte et un 6e tour de draft, contre le gardien Anton Forsberg, un 5e tour de draft et Brandon Saad qui revenait donc au bercail, avec le lourd fardeau de remplacer le russe sur le front de l’attaque de “Wind City”.

Les deux saisons suivantes, Panarin inscrira 27 et 28 buts dans des totaux de 82 et 87 points, se forgeant une réputation de sniper de haute volée, implacable devant le but, assez polyvalent pour faire également briller ses coéquipiers, et amenant les Jackets au second tour des playoffs, historique pour la franchise de l’Ohio, qui en plus de souffrir d’un manque de popularité au sein des joueurs de la ligue, n’avait jamais atteint ce niveau de la compétition, sans parler du coup de balai du tour précédent contre les prétendus invincibles Lightning de Tampa Bay.

Hissé au rang de superstar

Au fil des saisons, Artemi Panarin s’est donc forgé une solide renommée. Outre son plus grand nombre de buts, marqués en plus de 10 matchs de moins que d’habitude, il a quasiment autant shooté au but (209 tirs cette année, pour 211 ou 228 en plus 80 par an aux Hawks et Columbus), possède un taux de réussite devant les cages en perpétuelle progression (15.31%, meilleur taux depuis 4 ans, derrière les 16% de sa saison inaugurale à Chicago), créée le plus de rebonds en carrière (25, soit le double que sa saison rookie), prend moins de pénalités, et bloque surtout beaucoup plus de tirs adverses.

Un joueur complet donc, qui avec un corsi un peu moindre que d’habitude (57.77%) parvient à être plus dangereux sur le but adverse, avec un taux de buts anticipés à 59.24%. Et si sa première saison dans l’Ohio est très légèrement supérieure (avec 12 matchs en plus par rapport à cette année), il explose ses records en chances de marquer avec un ratio à 59.89%, en tirs apportant un grand danger sur la cage adverse (59.38% conte 56% lors de sa meilleure année) mais aussi des stats défensives également les mieux placées en carrière.

Sur des bases améliorant ses records aussi en supériorité numérique (7 buts et 17 passes décisives), il évolue dans chaque situation, à 5v5, en “Powerplay”, mais aussi en infériorité numérique. Essentiel pour passer les lignes rouges, il pénètre dans la zone offensive le plus souvent en contrôle pour créer des décalages. Essentiel dans la construction du jeu, il permet autant de pénétrer dans la zone offensive que d’y rester.

Mieux que Wayne Gretzky

Donc avec un profil aussi complet, comme il en existe d’autres par ailleurs en NHL, qu’est ce qui fait que la saison du russe est si particulière ? Et bien, si Artemi Panarin est bien dans une saison spéciale, c’est du à certaines performances, dont celle qui en fait le joueur qui inscrit le plus de points au bout de 43 matchs avec les NYR, statistique record, dont les deux derniers détenteurs étaient Wayne Gretzky et Jaromir Jagr.

Avec 61 points, et une rencontre face aux NJ Devils courant Janvier, il devient aussi le 4e joueur de l’histoire de la franchise à amasser 3 points ou plus lors de 3 matchs de suite à domicile, tout comme une série de matchs à plus de 4 points par rencontres cet hiver entre mi décembre et mi janvier.

3e pointeur de la NHL derrière le duo infernal des Oilers McDavid / Draisaitl, Panarin joue au magicien, et prouve qu’il n’a pas usurpé la hype qui l’avait entouré l’été dernier lorsqu’il a fallu choisir sa destination. Si son contrat à plus de 80M de dollars sur sept ans, pour signer dans une franchise pas amenée à gagner à court terme, l’a un tantinet fait passer pour un mercenaire, rongé par l’appât du gain, il a montré que son niveau de jeu tirait son équipe vers le haut, faisant même des Rangers un des “dark horse” de ces playoffs version Covid19.

Un talent déjà largement entrevu à Chicago, puis à Columbus notamment l’an dernier en playoffs, Artemi Panarin est une des stars de cette ligue, et toujours la super star de son équipe, malgré la présence d’autres éléments ultra moteurs, comme Mika Zibanejad ou Chris Kreider par exemple. En mission depuis début octobre, Panarin justifie son salaire, sa réputation, et son statut, pour notre plus grand plaisir.

Et comme le bonhomme est en plus taquin, ce n’est presque pas ses stats dont nous nous souviendrons dans quelques années, mais peut être sa célébration “Karaté Kid”, manquant d’éborgner arbitres, coéquipiers ou adversaires sur la glace. Le type de joueurs à qui on avait prédit un choix uniquement financier en venant à New York, mais qui semble s’épanouir tant sur la glace, qu’en dehors, au sein d’un groupe qui semble en devenir un vrai au fil du temps. L’effectif est jeune, et prometteur, et Artemi Panarin pourrait devenir un modèle pour la relève.


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