Mais que cache t’il sous le Kaapo ??

Le choix N°2, presque aussi couru que le N°1 Jack Hughes, auteur d’une saison en Finlande haute en couleurs, de mondiaux très intéressants, Kaapo Kakko est arrivé aux Rangers en véritable messie. Pourtant sa saison inaugurale n’est pas idéale, et il ne sera absolument pas dans la discussion pour le Trophée Calder du meilleur débutant (Tout comme Jack Hughes par ailleurs), ce qui inquiète presque les fans des Rangers les plus impatients. En revanche nous ici, on ne s’affole pas. Et pour déroger à la règle c’est le bien bon Dach de l’excellent et non moins fameux podcast Dans l’Slot, qui nous explique pourquoi.

Trop d’espoir ?

Avec le 2é choix du premier tour de la Draft 2019, la reconstruction des Rangers engageait un virage serré sur la voie du succès futur. Qui plus est, le crû 2019 se montrait plutôt prometteur avec une pépite Finlandaise du nom de Kaapo Kakko qui faisait tourner les têtes des recruteurs pendant toute la saison 2018/2019 si bien que certains le voyait passer devant Jack Hughes pour devenir le choix numéro 1. C’est finalement JH qui est parti le premier et la franchise New Yorkaise s’est donc empressée tout logiquement de mettre le blueshirt sur les épaules du jeune millenial.

Avec une saison en Liiga Finlandaise, de 38 pts dont 22 buts en 45 matchs, un Championnat du monde junior et un Championnat du monde senior couronné champion avec 6 buts en 10 matchs tout le monde s’accordait sur le fait que le jeune Kakko était prêt à prendre son envol NHL. Evidemment, le lendemain de la draft les fans New Yorkais n’attendaient plus qu’une chose, le début de saison afin de voir la gâchette finlandaise s’exprimer.

La pépite est bien arrivée mais force à été de constater que cette saison trop vite arrêtée n’a pas été couronnée du succès tant attendu pour le jeune Finlandais. Avec 23 points dont 10 buts en 66 matchs, nombreux sont les commentaires de cette première saison en demi-teinte. Alors Kakko valait il le 2é choix ? Avons nous raison d’être déçus ? Petite plongée en eaux Finlandaises.

Si jeune… 

Il y a une chose qu’il ne faut pas oublier, Kaapo Kakko avait 18 ans au début de sa première saison NHL, c’est jeune, très jeune même pour une ligue d’âge moyen de 28 ans. Ces dernières années beaucoup de rookies faisant leur entrée dans la ligue ont d’abord fait quelques armes en ligue inférieure (AHL), l’année dernière Elias Pettersson (vainqueur du trophée Calder) est entré dans la ligue à 20 ans tout juste, l’année d’avant c’était Matthew Barzal à 21 ans et il y a 4 ans une exception avec Artemi Panarin qui avait 24 ans. Cette année le trophée du meilleur rookie se jouait d’ailleurs entre Quinn Hughes et Cale Makar tous deux âgés de 21 ans. Bien sûr il y a des exceptions comme les Matthews, McKinnon, Kane etc… mais il apparaît de plus en plus qu’une entrée directe dans la grande ligue soit difficile à ingérer.

De plus le jeune Kakko arrivant tout droit d’Europe a du se faire au jeu et à la taille des patinoires Nord Américaines. Cela peut paraître anecdotique mais les patinoires NHL de tailles plus petites ont un effet important sur les joueurs Européens qui se retrouvent avec moins d’espace et moins de temps pour prendre des décisions car le jeu est aussi plus rapide. Alors, la pression médiatiques et des fans a t’elle eu un rôle sur la décision du Management New Yorkais de faire jouer Kakko en Equipe 1 dès Octobre ? Evidemment ils assurent que non…mais qui sait ?

Débuts difficiles

Les débuts en NHL sont un peu chaotiques, balancés sur les différentes lignes, le jeune Kakko peine à prendre ses marques avec 2 buts et 3 points en 10 matchs et subit par moment la technique de ‘benching’ du coach Quinn lorsqu’il n’est pas content du résultat. Kakko dit ne pas avoir confiance en son jeu et avoue avoir du mal à poser son jeu et suivre le rythme NHL du grand nombre de match. Même venu de Liiga Finlandaise, c’est un grand saut que de passer de 45 à 82 matchs pour, on le rappelle, un jeune de 18 ans.

La saison de Kakko s’avère en effet compliquée, c’est un des joueurs les moins utiles de son équipe lorsque l’on regarde les statistiques avancées. Lorsque Kakko est sur la glace, moins de shoots sont générés en attaque et les Rangers concèdent plus d’occasions dangereuses  en zone défensive. Le corsi du jeune Finlandais est passé de 54,5% en Ligua Finlandaise à 43,5% en NHL. Chaque pourcentage au dessus de 50% est un apport positif du joueur à son équipe. Chaque pourcentage en dessous…vous l’aurez deviné.

Pour aller un peu plus loin et comparer Kaapo Kakko aux autres jeunes joueurs NHL rentrés dans la ligue à 18 ans, ce graphique démontre en effet que beaucoup ont un impact négatif leur première année comme Jack Hughes ou Kirby Dach. Celui de Kakko reste malgré tout bien mauvais :

mage

Aurait il fallu donner un peu d’air au jeune homme et lui permettre de faire ses armes en AHL. Je pense personnellement que oui. Le staff New Yorkais s’en est tenu à la ligne de départ en gardant Kakko en place. On le rappel, David Quinn, le coach, a pour objectif de développer les jeunes joueurs afin que leur talent éclate au grand jour. Des résultats ont été très visibles avec Buchnevitch, Chytil, De’Angelo notamment, on attend encore un peu pour le Finlandais.

Talent caché ?

Ne broyons pas du noir, Kaapo Kakko a du talent et beaucoup à revendre. Sur la deuxième moitié de saison son jeu s’est amélioré, son impact physique s’en ressentait avec beaucoup plus d’implication en échec avant notamment. La formation de sa ligne avec Chytil et Howden/Di Giuseppe produisait de bons résultats et l’on commençait à revoir enfin le Kakko observé par les recruteurs : un jeune joueur fougueux avec des mains en or, des passes ultra-précises et une vision du jeu quasi-parfaite. Alors qu’est ce qu’il manque à Kaapo ? Essentiellement du patinage.  Le Finlandais se fait généralement  prendre de court sur les changements de direction et la rapidité de la NHL, c’est la dessus qu’il devra le plus travailler. Ajouter à cela une bonne dose de confiance en soi et un bon coaching du staff New Yorkais et la pépite brillera l’année prochaine. 

Kakko est très probablement un de ces joueurs d’exception qui a besoin d’un peu plus de temps pour éclore mais il n’y a pas de raison de s’inquiéter, le talent est là.

Sa production cette année, arrêtée à 23 pts en 66 matchs soit 0,35 pts par match n’est pas très loin de la prévision des statistiques de 0,37 pts. Pour exemple Andrei Svechnikov, le jeune talent russe des Hurricanes de la Caroline, a fait une première saison de 37 pts pour 44 prévus par un modèle statistique. Cette saison Svechnikov en était à 61 pts en 68 matchs. 

Certes le Russe paraît plus avancé dans son développement, plus mûr avec un jeu plus complet mais si telle est la voie que prendra Kaapo Kakko, je signe tout de suite.

L’avenir nous le dira mais j’en suis persuadé nous sommes loin d’avoir tout vu.


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